October 1, 2021

Finals 5

C’était l’objectif de l’année: participer à la grande finale de la WSL à Tresltes (Californie). Pour la première fois de son existence, le Tour prenait une allure de Final 5 à Lowers, des play off où seuls les 5 meilleurs garçons et 5 meilleures filles de la saison étaient invitées à disputer le titre mondial.
Le concept est simple: le 5ème rencontre le 4ème du classement, le vainqueur affronte ensuite le 3ème et ainsi de suite. Enfin, face au lycra jaune, cela se joue en 2 séries gagnantes.
Pour ma part, je suis arrivée en Californie en étant 5ème au ranking, à égalité de points avec l’Australienne Stéphanie Gilmore classée 4ème au bénéfice d’un meilleur total moyen sur toutes ses séries de la saison. Donc pour soulever le trophée mondial, il y avait un minimum de 5 séries à gagner sur une seule journée!
La WSL a attendu les meilleures conditions et finalement, nous avons eu droit à un Lowers d’anthologie. Peu  d’entre nous avaient déjà surfé Lowers dans ces conditions avec des séries de 2,5 à 3m. C’était magnifique, mais aussi terriblement physique avec un courant inimaginable.
J’étais la première série du jour avec Steph et c’était le challenge d’une carrière! En huit années sur le Tour, je n’avais jamais battu Steph Gilmore en man-on-man. Imaginez un peu l’ampleur du défi! Je me suis préparé à le relever assez tôt et j’étais prête mentalement et physiquement. Je suis arrivée 2 semaines avant l’épreuve, j’ai surfé Lowers tous les jours, à différents moments de la journée, à toutes les marées. J’ai passé du temps à regarder le spot avec Simon (mon coach), à revoir mes vagues en vidéo… Lowers est une vague facile, une rampe de skate, c’est ce qui en fait sa difficulté! Il faut surfer juste, avec des manoeuvres engagées au bon endroit…et surtout, il faut savoir où se placer au line up qui est immense quand la houle rentre. C’est certainement ce point qui a été le plus compliqué à gérer. Habituellement, il y a minimum 100 personnes à l’eau sur ce spot. En série, on se retrouve à deux, les repères ne sont plus les mêmes, il faut faire des choix et tout se complique très vite. Avec 2,5 m de vagues, Lowers est une rivière… Heureusement, je ne me suis pas faite avoir. J’ai trouvé de bonnes opportunités alors que Steph avait visiblement fait un mauvais choix de board. Pour la première fois de ma carrière, je la bats donc en man-on-man et gagne une place dans la hiérarchie mondiale!
Le temps que Morgan Cibilic affronte Conner Coffin dans la série masculine et me revoilà à l’eau face à l’Australienne Sally Fitzgibbons sur un spot qui ne fait que bouger. Mon plan était de trouver des gauches, certes courtes, mais creuses pour pouvoir taper fort backside. Je n’ai malheureusement pas eu d’opportunités. Avec Sally nous avons pris un gros set sur la tête qui nous a un peu égaré sur le line up. J’ai perdu du temps à vouloir rejoindre la gauche, trop de temps. Sally a été plus smart même si elle n’a pas montré son meilleur surf. J’en reste là, déçue de ne pas avoir saisi cette opportunité de monter sur le podium final.
Malgré tout, je suis satisfaite de ma compétition: sur les 10 surfeurs présents, seuls Filipe Toledo et moi améliorons notre ranking. Je termine 4ème mondiale, mon meilleur classement et certainement la meilleure saison de ma carrière!

 

M1

 

M2